Un numérique sobre qui ne laisse personne de coté

Santé et social
Un médiateur numérique accompagnant une personne dans ses démarches sur Internet
Un médiateur numérique accompagnant une personne dans ses démarches sur Internet (Arnaud Loubry)

Le conseil municipal de Rennes a adopté lundi 14 mars la charte "Pour un numérique responsable". Au-delà de l'économie des ressources, il entend prendre en compte tous les impacts, positifs et négatifs, du numérique dans nos vies. Entretien avec Pierre Jannin, conseiller municipal, délégué au numérique et à l’innovation.

Le numérique responsable, c'est quoi ?

 

Le terme "numérique responsable", initialement, se limitait à l’impact environnemental du numérique : les ordinateurs, les réseaux, les centres de données, le matériel en fait. Mais, et on l’a vu avec le Covid, le numérique est de plus en plus présent dans nos vies, professionnelles et personnelles. Le changement est si rapide que l’on n’a pas le temps de discerner les bons et les mauvais effets. Entreprises, associations,  élus… tous se posent aussi des questions. C’est pourquoi nous avons souhaité définir une politique publique du numérique responsable qui ait une vision à 360 °.

Cette politique, inscrite dans la charte "Pour un numérique responsable" adoptée lundi, prend en compte l’innovation, l’usage, le développement économique ou encore la qualité du service public  mais s'intéresse aussi à l'aspect social du numérique, avec les questions d’inclusion et de formation, à l’écologie (impact énergétique, sobriété), à  la démocratie, avec les enjeux de sécurité, ou encore aux enjeux de protection de la vie privée.

 

Quelles actions ont déjà été menées ?

Nous avons déjà engagé plusieurs actions pour former les agents de la ville. Pour les habitants, des conseillers numériques sont venus renforcer les actions de formation au numérique dans les espaces sociaux communs (ESC), les bibliothèques… Le passage obligatoire par l'informatique est une inégalité qui s’ajoute à d’autres difficultés : le handicap, la langue, et limite l’accès aux droits. Ainsi, en 2021, dans les six ESC, les conseillers numériques ont reçu plus de 3 500 personnes. Pour ¾ d’entre elles, il s’agissait de faire à leur place des démarches pour la Caf ou la Préfecture. Il est essentiel de ne laisser personne de côté.
S'agissant du recyclage du matériel numérique, après une phase expérimentale, un partenariat a été conclu avec Envie 35. En 2021, 800 ordinateurs et 50 smartphones de la Ville et de la Métropole ont été reconditionnés, puis vendus par Envie35 ou donnés par les CCAS.

Quelle place pour les citoyens ?

 

Dans le prolongement de la mission 5G, démarche participative, longue et complète, nous avons créé un Conseil citoyen du numérique responsable. Pour le constituer, 1 500 personnes ont été sollicitées. 20 ont été retenues, pour garantir la représentativité du territoire : parité, répartition par quartier, âge, catégories sociaux-professionnelles, éloignement au numérique… L’objectif est d’abord de former ces personnes aux enjeux du numérique pour qu’elles définissent ensuite ensemble des thèmes sur lesquels le Conseil citoyen du numérique responsable rendra un avis ou proposera des actions.

 

Recueilli par Monique Guéguen

 

Nombreuses personnes

3 500 personnes reçues par les médiateurs numériques en 2021 à Rennes

Ordinateur, tablette, smartphone

800 ordinateurs de la collectivité reconditionnés par Envie 35 en 2021

Personnes discutant

20 habitants de Rennes dans le Conseil citoyen du numérique responsable