Une herbe bien précieuse

Environnement
une écologue étudie la biodiversité en bord de route
Combien de plantes différentes en bord de route en juin et en septembre ? (A.Loubry)

Faucher les bords de route garantit la sécurité des déplacements. Mais ces bords de routes abritent une biodiversité mal connue. Rennes Métropole procède à des expérimentations sur plusieurs communes, afin de préserver davantage ces milieux.

Sur une bande de 20 mètres sur 1 mètre de large, Nolwenn, jeune écologue, se livre à un exercice délicat : dénombrer les variétés de plantes qui se trouvent sur l’accotement, le fossé et le talus d’une route de Pacé. Des relevés minutieux, réalisés dans le cadre d’une expérimentation sur cette commune et ses voisines, afin de mesurer la qualité de la biodiversité sur les bords de route. 

On l’ignore trop souvent, mais ces lieux abritent une faune et une flore diversifiées : des fauchages trop fréquents peuvent menacer la biodiversité de ces milieux. « L’idée, c’est de mesurer si la biodiversité est préservée quand on fauche plus tard dans l’année, moins haut et moins souvent », explique Laëtitia Citeau, coordinatrice agricole du syndicat de la Flûme et partenaire de l’opération. 

Préserver la qualité de l’eau

Depuis l’an dernier, six communes participent à cette expérimentation. L’objectif est d’évaluer concrètement les effets de décalage des périodes de fauchage et de ramassage. « On teste des zones où l’herbe n’est pas fauchée. En restant dans les fossés, elle permet de limiter la rapidité de l‘écoulement des eaux en cas de fortes pluies. La végétation permet aussi de mieux absorber les intrants chimiques qui proviennent des parcelles agricoles. Dans d’autres zones, l’herbe est acheminée chez des paysans bio pour être utilisé en compost », précise Laëtitia Citeau. 

Cette expérimentation est aussi l’occasion de mieux identifier les spécificités de chaque territoire et de travailler de concert avec les agriculteurs : «Ils ont des problématiques de mauvaises herbes que nous souhaitons prendre en compte. Nous discutons aussi avec eux sur la possibilité de reconstruire des talus et des haies », ajoute Laëtitia Citeau. 

Les relevés effectués par l'écologue seront comparés avec d’autres prélèvements, effectués en septembre prochain, quand les agents de la voirie feront la fauche d'automne. Il s'agira de mesurer la qualité de la biodiversité sur des parcelles fauchées en juin. 

Du côté des automobilistes, pas d’inquiétude à avoir : « Bien entendu, le fauchage continue sur les bords de route afin de préserver la sécurité routière de façon optimale », rappelle Bruno Hédan de la plateforme voirie nord-ouest. 

Anna Quéré