Un jardin Chinois à Maurepas

Environnement
Philippe Echard, comité de jumelage Rennes Jinan devant le futur jardin chinois du parc de Maurepas
Philippe Echard, comité de jumelage Rennes Jinan devant le futur jardin chinois du parc de Maurepas (A.Loubry)

Au cœur du parc de Maurepas, un jardin chinois est en préparation. Un projet du budget participatif qui voit loin…

L'idée est née en mars 2018, dans le cadre du budget participatif : le projet de jardin chinois à Rennes a reçu 483 votes d'habitants. Les porteurs de projet sont  le comité de jumelage Rennes-Jinan et l'association Les Agi'Thés, composée de 15 fans de thé. 
Rennes-Jinan était présent en Chine, en 2009, lors de la création d'un "Petit Thabor" par les jardiniers rennais dans la ville jumelle chinoise. "Notre idée était de faire créer, en échange, par les chinois un jardin pour Rennes, qui respecterait toutes les règles classiques chinoises du jardin", raconte Philippe Échard, président du comité de jumelage. 

Assez vite, le choix du lieu se porte sur le parc de Maurepas. La présence d'un circuit d'eau vieillissant, a été un facteur déterminant. "Il y a un défi à réaliser sur ce chantier hydraulique. Les structures actuelles datent de 1936. Ce projet va permettre à la ville de les faire renaître, pour donner à l'eau sa place centrale dans ce projet", explique Bertrand Martin, de la direction des Jardins et de la Biodiversité. Bassins et canaux sont recreusés à 80 cm de profondeur pour que l'eau conserve sa fraîcheur. "Cela permettra aussi l'apport des plantes aquatiques, comme les lotus et l'introduction de carpes"

Après une visite d'étude en octobre 2018, les ingénieurs de Chine proposent en un mois un projet très documenté. Tout y est : les sources d'eau, le pavillon, les portes et murs d'enceinte… (voir le plan). Et bien sûr, les plantes typiques de l'Empire du milieu : les théiers, les pivoines, les lotus et… les saules pleureurs, arbre emblématique de la ville de Jinan. "C'est le 1er projet de jardin chinois public depuis 80 ans en France", précise Bertrand Martin.  

Pour les constructions, il va falloir trouver les savoir-faire en France. Un appel d'offre est lancé. Recherche charpentier expérimenté en techniques asiatiques. Pour la construction du pavillon chinois, le projet, très attentif à la préservation de la flore locale, utilisera des arbres prévus à la coupe dans la ville.  

Reste un détail… comment trouver des théiers ? Comme il n'y en a pas en stock en France, il faudra  charger un pépiniériste de faire pousser 400 à 500 plants de thé. "Nos bénévoles des Agi'Thés se chargeront  des cueillettes…d'ici quatre ou cinq ans", prévoit André Legall, de l'association. "Nous montrerons aussi comment les feuilles sont transformées en boisson. Nous ferons des cérémonies du thé avec l'Institut Confucius"

En 2021, le jardin sera livré à la population. Les porteurs de ce projet lanceront un appel aux associations du quartier pour animer le lieu : " il pourrait y avoir des séances de Qi Gong ou autres arts martiaux, de la poésie, de la musique…", annonce Philippe Échard. A suivre...

Antoine Régeard

Du thé en Bretagne ? C'est possible ! Depuis près de 50 ans, la plante  pousse dans le parc de Trévarez. Il y a 4 producteurs dans la région. On trouve cette plante jusqu'en Écosse. Le théier, Camellia sinensis, est de la famille des camélias. Il très fréquent dans notre région !

André Legall, de l'association Les Agi'Thés.

Calendrier & budget

  • Septembre 2019 à Juin 2019 : Conception paysagère jardin et chantier de la chaîne d’eau.
  • Juillet 2020 à Mai 2021 : Construction du jardin chinois, puis plantations.
  • 500 000 € est l'enveloppe consacrée à ce projet du budget participatif