Première station bio GNV pour les bus du réseau Star

Transports
Des bus au GNV en recharge à Keolis Armor. Le temps de charge d'un bus est d'environ 10 minutes.
Des bus au GNV en recharge à Keolis Armor. Le temps de charge d'un bus est d'environ 10 minutes. (Arnaud Loubry)

Depuis 2015, Rennes Métropole a fait le choix de ne plus acquérir de bus diesel. Pour les lignes métropolitaines, la métropole s’est tournée vers des bus au gaz naturel pour véhicules. Une nouvelle motorisation qui nécessite des travaux dans les dépôts de bus. Celui de Keolis Armor, à Chantepie, était le premier à être inauguré, ce vendredi 15 octobre.

L'essentiel à retenir

  • Inauguration de la première station bio GNV pour les bus du réseau Star Rennes Métropole, à Keolis Armor, Chantepie, vendredi 15 octobre
  • Le GNV contient aujourd'hui 15 % de bio GNV actuellement, 30% en 2025
  • Un réseau de bus 100 % décarboné en 2030

Peut-être les avez-vous vu circuler ou avez-vous été passager. Les premiers bus GNV, pour gaz naturel pour véhicules, tout neuf, circulent depuis septembre sur plusieurs lignes métropolitaines. Pour faire le plein, direction le dépôt. Premier concerné, celui de Keolis Armor, à Chantepie, l'un des sous-traitants de Keolis. Avec l'arrivée des bus au GNV, il a fallu adapter les installations, inaugurées aujourd'hui, avec notamment système de distribution du gaz, préalablement compressé, stations de recharge classiques et bornes de recharge accélérée, en cas de besoin. Des travaux réalisés sous l'égide du Syndicat départemental d'Energie, SDE35. Deux autres dépôts seront à terme concernés,  Linevia (Chartres-de-Bretagne) et RGO Mobilités (Montgermont). Un surcoût de 23 millions d'euros financé par Rennes Métropole.

Du bio dans le gaz

 « La mobilité est le premier levier d’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre », insiste Matthieu Theurier, vice-président de Rennes Métropole à la mobilité et aux transports. Car nous sommes tous amenés à nous déplacer. Après les bennes de collecte des déchets, c’est donc le réseau Star qui se met– presque – au vert, avec les 39 premiers bus GNV circulant sur des lignes métropolitaines depuis septembre. La motorisation au gaz, plus silencieuse que celle au diesel et générant moins de vibrations, présente aussi des avantages vis-à-vis du climat et de la pollution. Selon les données de l'ADEME, le GNV émet 6 % de CO2 en moins que le diesel, et le bioGNV émet 80 % de CO2 en moins que le diesel. « Les bus que nous avons retenus sont alimentés actuellement par 15 % de bio-GNV et le seront à hauteur de 30 % à partir de janvier 2025 », pointe Matthieu Theurier.

Un réseau de bus 100 % décarboné en 2030

Pour son parc de bus, depuis 2015, Rennes Métropole a fait le choix de ne plus acquérir de motorisation diesel. « Nous allons donc vers un parc décarboné à 100%, avec le choix de l’électrique pour les lignes urbaines et le gaz naturel pour véhicules pour les lignes métropolitaines » rappelle Matthieu Theurier. Ce parc 100 % décarboné sera effectif en 2030, le temps que les derniers bus diesel achetés aient atteint la limité d’usage. « Ce choix s'inscrit pleinement dans la logique du plan climat air énergie territorial  adopté en avril 2019, avec l'objectif, ambitieux, de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire d'ici 10 ans », conclut Olivier Dehaese, vice-président de Rennes Métropole au climat et à l’énergie.

Vers une charte de bonnes pratiques pour le biogaz

« Il existe actuellement en Ille-et-Vilaine une vingtaine d’unités productrices de biogaz, injecté directement par les producteurs dans le réseau de gaz naturel », précise David Colin, directeur territorial Bretagne pour GRDF. Il s’agit essentiellement d’exploitations agricoles et  de transformation de biodéchets (à Liffré, notamment). Des réflexions sont en cours pour l’exploitation des boues de station d’épuration. « Nous travaillons par ailleurs à une charte de bonnes pratiques, à l’échelle du département, pour, notamment éviter la production de biogaz à partir de cultures alimentaires », souligne Matthieu Theurier.

Monique Guéguen