Nouveau traitement du cancer du foie mis au point à Rennes

Innovation et recherche
Nicolas Lepareur, du centre Eugène-Marquis, et Nicolas Noiret, professeur à l'ENSCR
Nicolas Lepareur, du centre Eugène-Marquis, et Nicolas Noiret, professeur à l'ENSCR (A. Loubry)

La collaboration entre l’école nationale supérieure de chimie de Rennes et le centre Eugène Marquis a conduit à un essai clinique pour traiter le carcinome hépato-cellulaire, cancer du foie le plus fréquent et difficile à traiter.

C’est un bel exemple de ténacité. Les recherches conduites par le centre Eugène-Marquis et une équipe de recherche de l’Institut des sciences chimiques de Rennes (UMR 6226), basée à l’école nationale supérieure de chimie de Rennes (ENSCR) ont été entreprises il y a plus de quinze ans. « En 2002, avec le professeur Garin, du centre Eugène-Marquis, nous avons mis au point une nouvelle molécule contenant du rhénium radioactif, dont les propriétés sont particulièrement intéressantes pour le traitement de l’hépatocarcinome », explique Nicolas Noiret, professeur à l’ENCSR.

Une nouvelle radiothérapie envisageable

La radiothérapie interne - utilisation des radiations pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier - à base d’iode, utilisée jusqu’en 2011, nécessitait un isolement de la personne soignée en chambre plombée pendant quelques jours, du fait de la très longue demi-vie de l’iode.  « La demi-vie de l’iode est de 7 jours, ce qui signifie que la radioactivité décroît de moitié en 7 jours. Le rhénium a lui une demi-vie de 17 heures. L’hospitalisation sera donc moins contraignante et beaucoup plus courte », souligne Nicolas Lepareur, chercheur au centre Eugène-Marquis et diplômé de l’école de chimie rennaise

Premières études cliniques en 2012

Autre avantage du rhénium : « son rayonnement est plus puissant, des tumeurs plus grosses pourront donc être traitées. » De plus, « l’essentiel du rayonnement est absorbé par la tumeur, puisque l’élimination par voie urinaire ou digestive est faible à quasi nulle. » Après les tests préalables sur des cellules et des animaux, les essais cliniques de phase I, pour vérifier la tolérance au traitement, ont débuté en 2010 et un brevet a été déposé. Quatorze patients ont été traités. « Suite aux résultats de ces études, nous sommes en attente de la réponse du programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) pour démarrer la phase clinique II, pour déterminer les doses et fréquences du traitement. »

Monique Guéguen