Métro : pourquoi des portillons ?

Transports
Portillons station Clémenceau
Portillons station Clémenceau (Arnaud Loubry)

Rennes était la dernière grande ville de France à avoir un métro « ouvert », sans contrôle de l’accès au quai. La mise en service des portillons, en même temps que le nouveau système de billettique,  va permettre d'abaisser le taux de fraude et de mieux adapter le réseau à la fréquentation.

Le  1er décembre, c'est un tout nouveau système billettique qui va être mis en fonctionnement, avec de nouveaux distributeurs automatiques de titres et le remplacement des titres papiers par un ticket rechargeable. Les échanges  avec les non et malvoyants ont permis d'améliorer l'ergonomie de ces nouveaux distributeurs de titres, désormais équipés d'un écran tactile et d'écrans de synthèse vocale pour les malvoyants.

Ce même jour, les portillons, en cours d'installation depuis le printemps 2020, seront mis en service sur la ligne a du métro. Si la grande majorité des voyageurs valident leur titre de transport, le taux de fraude sur le réseau STAR avoisine les 10 %. C'est donc 1 voyageur sur 10 qui ne valide pas son trajet.  Cela représente un manque à gagner de près de 4 millions d'euros par an.  Avec les portillons, le taux devrait baisser à 4 %, soit 1,5 à 2 millions d'euros de recettes supplémentaires escomptées.

Par ailleurs, les portillons permettront de comptabiliser l’ensemble des voyageurs qui entrent et qui sortent de la station, avec les horaires d’affluence, les creux, les flux… Une connaissance plus précise des habitudes de déplacements des voyageurs permettra d'ajuster l'offre sur les lignes de métro pour mieux répondre aux attentes des usagers.

L'accessibilité du métro, un enjeu majeur

Ce dispositif  avec portillons vise bien sûr à être accessible à tous, et notamment aux personnes à mobilité réduite (PMR). Ce projet, comme celui de la billettique, a été co-construit avec le collectif Handicap 35, comme c’est le cas sur tous les projets transports qui ont une incidence sur les modalités d'accès au réseau pour les PMR.

Les échanges réalisés depuis 2015 (voir encadré), ont permis notamment de concevoir, pour les portillons adaptés aux PMR, un second valideur installé en partie basse ainsi que l'ajout d'un système d'interphonie à proximité immédiate du portillon pour permettre aux personnes qui auraient des difficultés, de rentrer en contact avec le poste de commande centralisé du métro.

Suite à une dernière visite sur site le 2 octobre 2020 avec le collectif Handicap 35, l'association SOS Handicap et le collectif On Existe, un plan d'actions a été engagé par Rennes Métropole pour étudier la faisabilité des mesures complémentaires au second valideur pour les personnes n'arrivant pas à l'utiliser. Des échanges sont en cours afin d'affiner les options qui pourront être proposées pour garantir une parfaite accessibilité du métro rennais.

En attendant une solution adaptée, Rennes Métropole a fait le choix de laisser ouvert les portillons PMR afin que tous les usagers puissent accéder facilement au métro.

Quatre ans de concertation avec le collectif Handicap 35

Sept réunions spécifiques se sont tenues de janvier 2016 à mai 2019 avec le collectif Handicap 35, qui a été associé  aux étapes du projet : études, fabrication, essais des équipements. Le collectif a ainsi validé l'implantation des portillons , sur plans, et également in situ avec une mise en situation pour les 6 stations les plus compliquées, et testé le 24 avril 2019 le premier portillon de série  avant installation sur site.

Ces réunions ont notamment permis la conception sur mesure d'un second valideur pour le portillon PMR. Rennes est le seul réseau de France à avoir conçu d'emblée un second valideur de manière très spécifique (hauteur, design, orientation de la cible et de l'écran). Certains autres réseaux l'ont fait a posteriori et d'autres n'ont pas installé de valideur spécifique aux personnes en fauteuil.