Ligne b du métro : reprise du chantier lundi 4 mai

Transports
Station Jules-Ferry mars 2020
Station Jules-Ferry mars 2020 (Jean-Louis Aubert)

À l’arrêt depuis le 16 mars, le chantier de la ligne b du métro rennais repart ce lundi 4 mai. Cette reprise, dans le contexte particulier de l’épidémie de Covid, s’inscrit dans un cadre sanitaire strict, garantissant la sécurité des différents intervenants.

« Depuis le début de la crise Covid-19, nous avons toujours privilégié la sécurité  des intervenants sur le chantier du métro. C'est pour cette raison que nous avons pris la décision d'arrêter le chantier dès le 16 mars, à la suite des annonces gouvernementales », souligne Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole. Le chantier était pourtant bien sur les rails.
« Le  calendrier à rebours pour la mise en service le 21 décembre était  calé, avec quelques jalons comme la livraison des stations en juin et les premiers essais de marche à blanc prévus à partir d’octobre », rappelle Xavier Tirel, directeur de la Semtcar, qui suit les travaux du métro pour le compte de Rennes Métropole. Un chantier brutalement mis à l’arrêt complet le 16 mars.  « Tout ce qui est sur site était depuis suspendu. Les encadrants poursuivent, eux, en télétravail la production de plan, la réalisation du dossier de sécurité à remettre à l’Etat, de documentation. Rien que pour la maintenance de la ligne ce sont près de 10 000 documents à rédiger. »

Préserver la sécurité sanitaire des intervenants

Entre 300 et 400 compagnons de 150 entreprises interviennent sur les différents sites. Rien ne pouvait reprendre sans un cadre sanitaire, défini entre le gouvernement et les différentes branches professionnelles, notamment du BTP. Ce cadre, arrêté mi-avril, fixe les règles d’intervention sur les chantiers en période de Covid-19. « Le travail effectué en lien avec la DIRECCTE, la CARSAT et la médecine du travail, ainsi qu'avec notre maitre d’œuvre [MGCE] nous a permis de construire un protocole de reprise particulièrement exigeant. Il garantira la protection de toutes et tous sur le chantier », insiste Emmanuel Couet. « La coordination sécurité et protection de la santé (CSPS) a modifié en conséquence le règlement intérieur applicable sur le chantier », poursuit Xavier Tirel.  Ce règlement a été transmis aux entreprises et discuté avec elles.

Adapter les locaux, les consignes de travail

Au niveau des bases-vie, qui seront régulièrement désinfectées, le nombre de personnes par bungalow va être divisé par deux, pour respecter des distances de séparation nécessaires. Des salles de réunion vont être transformées en salle de restauration ou en vestiaires.
Les compagnons arrivaient auparavant groupés. Désormais, ce seront des arrivées individuelles ; il n’y aura donc plus de ramassage. Chaque journée débutera par ¼ d’heure dédié à la sécurité : formation aux gestes barrières, mesures sanitaires à respecter, port du masque, lavage des mains toutes deux heures. Ce dernier point suppose soit un point d’eau avec du savon, soit du gel hydroalcoolique. Les compagnons devront aussi respecter une distance de 1m à1m50 entre eux, ce qui pose la question des charges à porter… ; à chaque entreprise de fournir gants, lunettes, gel hydroalcoolique… Chaque compagnon utilisera ses propres outils et les postes de travail, les échafaudages seront régulièrement désinfectés.

Une remise en cadence progressive

Sur le chantier, il y aura des cheminements, des boucles de circulation pour ne pas se croiser, avec par exemple un escalier pour la descente, un autre pour la montée.  Toutes ces conditions amèneront nécessairement à ce qu’il y ait moins de monde sur le chantier et moins de co-activités.  Le plus complexe concerne le zonage de chantier. Les premières personnes à revenir, sur les parties non constructives, vont commencer par faire le point sur les chantiers, apporter le matériel et rôder le dispositif afin que les entreprises puissent revenir mi-mai. Il y a aura une montée régulière en cadence  jusqu’en juillet.
« Cette nouvelle façon de travailler engendrera nécessairement un retard supplémentaire que nous assumons. Dès aujourd'hui, tous nos efforts sont tendus vers une mise en service de la ligne b du métro au printemps 2021 », conclut Emmanuel Couet.

Monique Guéguen