L'ex-site de stockage des déchets produira de l'électricité verte

Environnement
Une vue aérienne de l'ex-site de stockage des déchets non-dangereux des hautes Gayeullles au nord de Rennes
Un parc photovoltaïque de 20.000 m² sera implanté sur l'ex-site de stockage des déchets non-dangereux des hautes Gayeullles, au nord de Rennes. (Photo Aurélien Davergne)

Fermé fin 2018, le site de stockage des déchets non-dangereux des Hautes Gayeulles, au nord de Rennes, produira de l'électricité verte dans quelques années. Rennes Métropole veut y installer une centrale photovoltaïque sur plus de 4 ha, capable d'alimenter l'équivalent de 700 à 800 foyers. 

L'ex-site de stockage des Hautes Gayeulles, c'est quoi? 

  • D'une superficie d'environ 15 ha, il est situé au nord de la rocade rennaise et servait depuis les années 1990 de site d'enfouissement des déchets non-dangereux: plâtre, gravats, balayures de voirie, etc. 
  • Rennes Métropole, qui en est propriétaire, a mis fin à son exploitation en décembre 2018 après avoir trouvé d'autres solutions pour le type de déchets qui y étaient stockés, notamment grâce à l'ouverture d'une filière de valorisation du plâtre, d'initiative privée, à Bourgbarré. 

Pourquoi un projet photovoltaïque? 

  • "Nous avons fait en 2017-2018 des études pour envisager le devenir de ce site qui est en cours de recouvrement. Il fera ensuite l'objet d'un suivi environnemental pendant 15-20 ans, notamment sur la qualité des eaux rejetées" souligne Olivier Dehaese, vice-président de Rennes métropole en charge des déchets et de l'énergie. Ces contraintes limitent donc fortement les activités possibles sur ce terrain".  
  • Au final, le projet d'implantation d'un parc photovoltaïque a été retenu prioritairement, tout en laissant la porte ouverte à d'autres activités sur les espaces inutilisés du site dans le futur.

Quelle superficie, quelle production?

  • L'ancien site de stockage des Hautes Gayeulles qui comprend des boisements, des zones de lagunage et des réserves foncières peut accueillir une centrale photovoltaïque sur environ un tiers de sa superficie. Les premières études envisagent d'y implanter quelque 20.000 m² de panneaux photovoltaïques, répartis sur plus de 4 ha. 
  • Cette centrale sera en mesure de produire 3,5 gigawattheure par an, soit l'équivalent de la consommation de 700 à 800 foyers.

Quel investissement et par qui?

  • Coût de l'investissement: environ 3 millions d'euros. Rennes Métropole ne se lancera pas seule dans l'aventure. "Nous allons faire un co-investissement avec la Société d'économie mixte Energiv 35, dans laquelle Rennes Métropole est partie prenante" souligne Olivier Dehaese. "Nous allons probablement nous associer aussi à six autres projets photovoltaïques portés par des acteurs publics du département", à Cornillé, Saint Méloire des Ondes, Dol de Bretagne, Tinténiac, Le Verger et Dinard. À noter qu'il est envisagé d'ouvrir l'investissement à la participation citoyenne.
  • La mutualisation avec d'autres projets photovoltaïques permettra de faire baisser les coûts d'investissement, notamment pour l'acquisition des panneaux, et d'augmenter la rentabilité d'exploitation de ces sept centrales qui attendraient une production totale de 17 mégawattheure par an. 

Qui sera l'exploitant, quel est le calendrier? 

  • Les partenaires publics du projet prévoient de créer d'ici au printemps 2020 une société commune pour la construction et l'exploitation des sept futures centrales.
  • Aux hautes Gayeulles, la construction du parc photovoltaïque devrait être lancée fin 2021 pour une mise en service souhaitée courant 2022.

A qui sera revendue l'électricité? 

La décision n'est pas encore prise à ce stade. Plusieurs scénarios sont possibles: 

  • vendre l'électricité produite à l'un des opérateurs du réseau de distribution au prix du marché, avec un complément de rémunération provenant de l'État si l'initiative est lauréate des appels à projet du régulateur de l'énergie;  
  • vendre l'électricité à des opérateurs alternatifs tels Enercoop; 
  • injecter cette électricité directement dans des équipements municipaux ou des zones d'activité relativement proches comme les Champs Blancs.

"L'étude de préfaisabilité de cette centrale photovoltaïque prévoit un retour sur investissement sur 20-25 ans selon les scénarios" annonce Olivier Dehaese.  

Vincent Ménard