Le Blosne, futur Territoire Zéro chômeur ?

Santé et social
trois femmes en entretien : deux conseillères emploi et une chômeuse habitante du Blosne
Lucile Christien (à g) et Isabelle Chantrel (à d) établissent avec Véronique, habitante, ses compétences à mobiliser (S. Priou)

Proposer à tous les chômeurs de longue durée un poste en CDI adapté à leurs savoir-faire : c’est l’objectif de Territoire Zéro Chômeur. Une expérimentation à laquelle le quartier du Blosne se prépare. 

Juin 2020. Chaque semaine, à la Maison du projet du Blosne, ont lieu des entretiens de recrutements d’un genre inédit : des chômeurs de longue durée sont invités à faire part de leurs compétences et de leurs centres d’intérêts à des recruteurs bénévoles.« Ça fait 5 ans que je suis sans emploi, raconte Véronique, une habitante. Ici on ne m’a pas dit : c’est trop long ! Au contraire, je suis arrivée avec mon savoir et on a réfléchi à ce qu’on pourrait faire ensemble. »
Initié il y a 4 ans dans 10 territoires en France, le dispositif Territoire Zéro Chômeur s’inspire des savoir-faire et des envies des personnes pour leur proposer des postes en CDI adaptés à leurs souhaits. Un procédé à rebours des habitudes de recrutements classiques, qui été couronné de succès, notamment à Pipriac, dans le pays de Redon. Depuis 2018, la Ville de Rennes a décidé se lancer dans l’aventure. Elle prépare donc sa candidature en démarrant par le quartier du Blosne. 

Faire émerger des compétences

A la barre : Lucile Christien, cheffe de projet au sein du CCAS de Rennes. « Les personnes qui se présentent doivent être sans emploi depuis plus d’un an et habiter le quartier », rappelle la jeune femme. Une vingtaine de personnes ont déjà été reçues. « Nous espérons en toucher environ 400  », ajoute la pilote du projet. Les entretiens sont menés par des bénévoles, souvent spécialisés dans le domaine de l’emploi. « Nous les recevons avec bienveillance, expliquent Bernard et Martine, de l’association Solidarités nouvelles face au chômage. Nous venons par exemple de recevoir un homme très motivé, très manuel. Il n’a pas travaillé depuis 2016 et estime que c’est sa dernière chance de trouver un emploi. » Pour Isabelle, bénévole et conseillère en insertion professionnelle, « il faut leur faire prendre conscience que leurs appétences peuvent devenir des compétences à part entière. »

Identifier des besoins dans le quartier

Des rencontres collectives auront lieu en juillet. « On va mettre dans un pot commun les propositions des candidats avec des besoins d'emplois que nous allons identifier sur le quartier », précise Lucile Christien. 
Et comment on finance ? L’idée est de récupérer l’argent qui sert à payer le chômage pour financer la création d’emplois, via la création d’une Entreprise à But d’Emploi (EBE).
Véronique a déjà des projets plein la tête : « J’ai eu l’occasion d’aller voir à Pipriac, où avait démarré le projet Territoire zéro chômeur. Là j’ai vraiment compris comment ça marchait. Dans notre quartier, il se passe plein de choses, il y a même une ferme urbaine ! J’aimerais que nous puissions par exemple proposer des emplois liés à la nature », explique-t-elle. 
Le dossier de candidature du Blosne sera déposé en septembre. Pour démarrer, il faudra toutefois attendre le vote de la nouvelle loi, en discussion à l’Assemblée au même moment.
Anna Quéré

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