Des lucioles pour réenchanter la vallée de la Vilaine

Environnement
lycéens en étude de l'habitat des lucioles
Les lycéens recherchent un habitat favorable au retour des lucioles (C. Barbedet)

Le "projet Lucioles" rêve de réintroduire ces jolis petits insectes  volants sur les rives de la Vilaine. Un projet scientifique autant que poétique. Ouvert à tous.

La luciole est un insecte magique. Les nuits d’été, la femelle émet une lumière de couleur verte, pendant que le mâle clignote en vol. C’est aussi « une sentinelle écologique » : sa présence indique l’état de « naturalité » de l’environnement. Si l’œil averti l’a vu disparaître, la suppression des pesticides pourrait bien la faire réapparaître ! 
La luciole est un vecteur de sensibilisation à la préservation des milieux et de la biodiversité. Fort de constat, Folk Paysages et le collectif d’artistes Indiens dans la ville (IDV), ont imaginé le Projet Lucioles, à l’invitation de Cuesta. Cette coopérative culturelle a en charge l’animation du projet de valorisation de la vallée de la Vilaine. Une démarche mise en œuvre, depuis 2015, par Rennes Métropole et les sept communes de Bruz, Chavagne, Laillé, Le Rheu, Rennes, Vezin et Saint-Jacques-de-la-Lande. 

Incubateur de rêves et d’expérimentations

Le projet Lucioles se veut collaboratif. Le grand public, un comité scientifique ou des groupes identifiés… sont autant de « complices » invités, dans la phase 1 du projet, de mars à juin, à témoigner et à mener l’enquête ou l’expérience. Le centre de loisirs de Chavagne, une classe maternelle de la même commune, une classe élémentaire du Colombier à Rennes ou encore des lycéens de seconde du lycée agricole Théodore Monod du Rheu ont ainsi embarqué dans l’aventure. 

Le projet est de pouvoir réimplanter les lucioles dans la vallée de la Vilaine, au printemps 2020. À notre âge, y participer c’est une façon de prendre parti pour quelque chose d’important, et de comprendre la biodiversité dans laquelle les lucioles forment un écosystème.

Tess, du lycée agricole Théodore Monod.

Rendez-vous aux Pérelles

Ce jour-là, encadrés par Fabrice Verin, professeur d’éducation socio-culturelle, les lycéens rheusois ont retrouvé sur le terrain Charlie Guttierez, d'Indien dans la ville, et Ludivine Lucas de Cuesta. Objectifs : « mener une enquête environnementale et scientifique » autour de l’étang jacquolandin des Pérelles, ancienne carrière, située le long du chemin de halage, près de Champcors.
Bandelettes en main, les élèves mesurent dans l’eau les taux de phosphate, nitrates et nitrites. Ils renseignent un questionnaire pour identifier la végétation ambiante. Ils vont réaliser une collecte photographique, d'ambiances sonores et réaliser quelques croquis. Si Shanna a déjà vu des vers luisants, elle n’a jamais vu de lucioles. Inès ajoute sans hésiter : « C’est beau, j’aimerais bien en voir un jour… »

Christine Barbedet

Un comité scientifique d’expérience

« Dans cette belle utopie de vouloir réimplanter des lucioles dans la vallée de la Vilaine, la reproduction et l’élevage est une question centrale », explique Ludivine Lucas, de la coopérative culturelle Cuesta. 
Une expérimentation jamais menée jusqu’à présent pour laquelle l’appui des scientifiques est indispensable. « L’observatoire nazairien des vers luisants du CNRS est notre référent. Nous avons choisi de créer un comité scientifique par un appel à celles et ceux qui pourraient expérimenter, en laboratoire, la reproduction et l’élevage de lucioles. » Si l’objectif est simple, la mise en œuvre est plus complexe : « Notre idée est d’installer des pouponnières dans les écoles pour que les lucioles se développent ». Difficulté : les larves se nourrissent d’autres insectes, de lombrics ou d’escargots…

Appel à témoins

Le blog du Projet lucioles est ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent contribuer en ligne : « Où sont-elles sur la vallée de la Vilaine ? Qui en a déjà vu ? Où ? Quand ?  Quelles sont les conditions de leur présence ? En quoi sont-elles un bio-indicateur ? Comment les faire revenir ? »… 
Témoignages, récits littéraires, articles scientifiques, dessins, « informations multifactorielles qui peuvent impacter le développement des lucioles »« Cette matière servira de base au premier Hackathon Lucioles. Ouvert à tous, en juin prochain, ce temps fort collaboratif doit permettre de prototyper des solutions visant à réimplanter les lucioles », explique Charlie Guttierez d’IDV.  

https://lucioles.blog 
Contact : Ludivine Lucas, Coopérative culturelle Cuesta : 06 86 07 80 19. 

https://valleedelavilaine.fr