40mcube : l'incubateur d'art contemporain se fait label

Sport et culture

Dix-huit ans après sa création, 40mcube continue d’incuber les jeunes talents de l’art contemporain. Au point d’être reconnu au plan national et d’obtenir le label Centre d’Art Contemporain d’Intérêt National. Explications par Anne Langlois et Patrice Goasduff, les maîtres de la « boîte blanche ».

L'équipe de 40mcube devant une œuvre de l'exposition Mobilier peint
L'équipe de 40mcube devant une œuvre de l'exposition Mobilier peint (Arnaud Loubry)

Que signifie être reconnu Centre d’art contemporain d’intérêt national pour 40mcube ?

Ce label a été crée en 2017 par le ministère de la culture pour conforter certains lieux de l’art contemporain dans le paysage national. Pour 40mcube, c’est la reconnaissance de tout le travail mené depuis 18 ans dans le domaine de la recherche, de l’expérimentation, de la production, ou encore de la médiation. Pour aller plus loin, on pourrait dire que sa raison d’être est de protéger les structures qui prennent des risques. L’art contemporain porte l’expérimentation en soi, et l’expérimentation, c’est l’inconnu ! Enfin, ce label est un peu le chaînon manquant entre les musées, les FRAC et les centres d’art.

Découvrir les jeunes talents est un peu votre marque de fabrique.

Effectivement, l’accompagnement des jeunes artistes, leur accueil en résidence ainsi que les problématiques de la formation professionnelle, notamment à travers le programme Generator et les Nouveaux commanditaires, fondent la spécificité de 40mcube. Pour revenir au label Centre d’art contemporain d’intérêt national, il consacre un peu tous ces efforts. Il devrait également favoriser notre lisibilité au plan européen et faciliter les relations avec d’autres partenaires. Cette reconnaissance marque un aboutissement, mais aussi le début d’une nouvelle aventure.

Exposition Mobilier peint, œuvre de Flora Moscovici et Yoan Sorin
Exposition Mobilier peint, œuvre de Flora Moscovici et Yoan Sorin (Arnaud Loubry)

Dix-huit ans, et déjà cinq lieux !

Il y a eu l’Alma, qu’on a cassé à la masse lors d’un grand happening à notre départ ; la maison bourgeoise appelée « Le château » et notamment repeinte en noir par Benoît-Marie Moriceau ; puis « la ZAC », le Hug à Liffré, et ici, avenue du Sergent Maginot, depuis février 2018. Il faut saluer l’engagement de la ville : Rennes comptait déjà un centre d’art avec la Criée, mais cela n’a pas empêché la municipalité de conforter 40mcube dans un lieu pérenne. De fait, la capitale de Bretagne est la seule ville en France à accueillir deux centres d’art sur un même territoire, ce n’est pas rien.

Quelques mots sur les rendez-vous à venir ?

Deux œuvres de We are the painters et Laurence de Leersnyder (le gazon ondulé du Thabor, c’est elle), vont rejoindre notre parc de sculptures de Liffré ; La peintre Kahina Loumi est actuellement en résidence au Hug, dans la même commune. Les fruits très colorés de son travail seront visibles à 40mcube à partir du 18 octobre. Ensuite, nous accueillerons « Bertfalhe », une exposition réunissant trois jeunes femmes : Ingrid Luche, Éléonore False et Hélène Bertin. Toutes les trois ont le goût du voyage, du dialogue vernaculaire, et n’hésitent pas à varier les supports comme le textile, le verre ou la céramique. La première interroge les clichés culturels de Los Angeles ; la seconde questionne la culture d’une minorité japonaise ; la troisième revient un peu aux sources et s’intéresse à une tradition de son village natal dans le sud de la France : l’organisation d’une procession pour se prémunir de la peste.

Exposition Mobilier peint, œuvre de Flora Moscovici et Yoan Sorin
Exposition Mobilier peint, œuvre de Flora Moscovici et Yoan Sorin (Arnaud Loubry)

Si l’on vous dit que le cube blanc est un peu une boîte noire, que répondez-vous ?

C’est tout à fait vrai ! 40mcube effectue tout un travail de terrain, et même de sous-terrain. On ne le voit pas forcément, mais il porte malgré tout, de jolis fruits. Prenons l’exemple du programme Generator, dont la 6ème « promotion » vient d’être désignée. Nous accueillons à chaque fois 4 jeunes artistes en résidence, mais également deux commissaires d’exposition débutants. Nous savons d’expérience que ces derniers en profitent pour nouer des contacts avec les autres structures artistiques rennaises. Cela signifie à terme des artistes rennais programmés dans les structures de leur ville. Inversement, de jeunes artistes décident de s’installer à Rennes. C’est bon pour 40mcube, mais aussi pour la ville.

www.40mcube.org

Propos recueillis par Jean-Baptiste Gandon